douleurs articulaires et froid

Douleurs articulaires en hiver : pourquoi a-t-on parfois plus mal quand il fait froid ?

Il y a ceux qui regardent la météo par la fenêtre… et ceux qui ont l’impression de la sentir dans leurs genoux, leurs doigts ou leurs hanches avant même d’avoir ouvert les volets.

À l’arrivée de l’hiver, certaines personnes décrivent des articulations plus raides, un démarrage plus difficile le matin ou une gêne qui semble davantage présente lorsque le temps devient froid et humide.

Cette sensation est loin d’être rare. Mais contrairement à une idée répandue, cela ne signifie pas que le froid “use” davantage le cartilage ou que chaque chute de température aggrave automatiquement une arthrose.

La météo semble pouvoir modifier le ressenti chez certaines personnes, tandis que d’autres y sont beaucoup moins sensibles. Et surtout, l’hiver apporte avec lui plusieurs changements très concrets : nous sortons moins, restons davantage assis, avons parfois besoin de plus de temps pour nous échauffer et sollicitons différemment notre corps.

Alors que se passe-t-il réellement lorsque nos articulations semblent moins apprécier la saison froide ?

Le froid augmente-t-il vraiment les douleurs articulaires ?

La réponse est plus intéressante qu’un simple oui ou non.

De nombreuses personnes atteintes d’arthrose déclarent ressentir une influence de la météo sur leurs symptômes. Et certaines recherches retrouvent effectivement des associations entre la douleur articulaire et plusieurs paramètres météorologiques.

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2023 a étudié 14 travaux consacrés aux conditions météo et aux douleurs d’arthrose. Elle retrouve notamment des associations avec la température, l’humidité relative et la pression atmosphérique.

Une autre étude européenne menée auprès de plus de 800 personnes souffrant d’arthrose du genou, de la hanche ou des mains a observé une relation entre humidité et douleur, plus marquée lorsque le temps était froid.

La météo peut donc influencer le ressenti de certaines personnes, même si tout le monde n’est pas sensible de la même manière et que l’effet observé reste variable.

Ce qu’il ne faut pas en conclure, en revanche, c’est qu’une journée à 3 °C détruit davantage votre articulation qu’une journée à 18 °C.

Ressentir davantage son arthrose lorsqu’il fait froid n’est pas la même chose qu’accélérer son évolution.

Pourquoi peut-on se sentir plus raide lorsqu’il fait froid ?

Plusieurs phénomènes peuvent se superposer.

Lorsqu’on a froid, le corps adopte naturellement des postures plus fermées. On contracte davantage les épaules, on crispe les mains, on marche parfois d’un pas moins ample et les muscles peuvent donner une impression de tension.

Une articulation déjà sensible peut alors sembler moins libre.

Le démarrage joue aussi beaucoup. Sortir directement dans le froid après être resté longtemps assis n’offre pas les mêmes sensations qu’une promenade effectuée après quelques minutes de mouvement.

Et puis il y a un facteur beaucoup plus banal, mais probablement sous-estimé : en hiver, nous bougeons souvent moins.

Les journées sont plus courtes, la pluie décourage les promenades et les soirées se passent plus facilement à l’intérieur. Quelques semaines de baisse d’activité peuvent suffire pour que certains mouvements paraissent moins faciles.

Ainsi, ce que l’on attribue entièrement au thermomètre peut aussi venir d’un mélange de météo, raideur musculaire et diminution de l’activité quotidienne.

L’humidité est-elle vraiment responsable ?

C’est probablement l’une des phrases les plus entendues :

« C’est l’humidité, je le sens dans mes articulations. »

Ce ressenti n’est pas forcément imaginaire.

Plusieurs études ont retrouvé une association entre humidité relative et intensité de certaines douleurs arthrosiques. L’étude européenne EPOSA, par exemple, a observé que cette relation semblait plus prononcée lorsqu’une forte humidité était associée à des températures basses.

Mais on ne peut pas réduire la douleur articulaire à un taux d’humidité.

Des travaux menés sur l’arthrose du genou ou de la main n’ont pas toujours retrouvé les mêmes associations, et une étude française récente sur l’arthrose de la main n’a pas mis en évidence de relation claire entre température et douleur.

Il semble donc exister des personnes plus météosensibles que d’autres.

Si vous remarquez depuis plusieurs années que certaines conditions correspondent régulièrement à vos périodes plus inconfortables, votre ressenti mérite d’être entendu sans pour autant faire de la météo l’unique explication.

La pression atmosphérique peut-elle jouer un rôle ?

Elle est beaucoup moins perceptible que la température, mais elle fait partie des paramètres étudiés.

Certaines recherches ont observé une association entre les variations de pression atmosphérique et les douleurs arthrosiques, notamment au niveau du genou.

Le mécanisme exact reste difficile à établir.

Il faut surtout retenir que lorsque le temps change, plusieurs variables évoluent simultanément : température, humidité, pression, vent, comportements et niveau d’activité.

Chercher un seul responsable est donc probablement trop simpliste.

Ce qui importe davantage au quotidien est de savoir comment réagir lorsque l’on se sent effectivement moins mobile.

Est-ce que le froid peut rendre une articulation plus “usée” ?

Non, le ressenti doit être distingué de l’état du cartilage.

Une journée froide peut coïncider avec davantage de raideur ou de douleur sans signifier que l’articulation s’est soudainement dégradée.

C’est particulièrement important pour éviter un mauvais réflexe : avoir plus mal et décider de ne presque plus bouger pendant tout l’hiver par peur d’abîmer davantage son articulation.

Cette réduction prolongée de l’activité peut entraîner une perte de force, d’endurance et d’aisance qui compliquera ensuite la reprise.

Lorsque l’arthrose est stabilisée, l’activité physique adaptée reste au contraire l’un des piliers de sa prise en charge.

Le matin est difficile : comment se remettre en mouvement plus facilement ?

Lorsque l’on se réveille avec une impression de raideur, il n’est pas nécessaire de commencer la journée par une séance sportive.

Quelques minutes de transition peuvent suffire.

Avant de sortir, bouger tranquillement les articulations concernées, marcher un peu dans la maison ou effectuer quelques flexions et extensions confortables permet au corps de sortir progressivement de l’immobilité.

Pour une main sensible, on peut simplement ouvrir et fermer les doigts plusieurs fois. Pour les jambes, quelques levers de chaise ou quelques pas peuvent déjà suffire.

L’objectif n’est pas de « forcer pour dérouiller l’articulation ».

Il s’agit simplement de passer progressivement du repos au mouvement.

Si vous souhaitez disposer de mouvements adaptés à différentes zones, retrouvez notre guide Arthrose : quels exercices pratiquer selon la zone et son niveau de gêne ?.

Faut-il garder ses articulations au chaud ?

Si la chaleur vous procure du confort, oui.

Des vêtements suffisamment chauds, des gants lorsque les mains sont sensibles ou une source de chaleur douce peuvent rendre certains mouvements plus agréables.

La chaleur est notamment appréciée lorsqu’une sensation de raideur domine.

Mais il ne faut pas transformer ce conseil en règle médicale absolue.

Une articulation très gonflée ou en pleine poussée douloureuse ne donne pas nécessairement envie de chaleur. Dans certaines situations, le froid local est au contraire préféré.

Le meilleur repère reste donc votre sensation, en évitant évidemment les températures excessives directement sur la peau.

Faut-il continuer à marcher lorsqu’il fait froid ?

Oui, lorsque votre état le permet.

Le froid ne constitue pas en lui-même une raison d’interrompre la marche pendant plusieurs mois.

En revanche, l’hiver demande parfois quelques adaptations.

Commencer un peu plus doucement laisse le temps aux muscles de se mettre en action. Des chaussures adaptées au terrain sont particulièrement importantes lorsqu’il pleut, gèle ou que le sol devient glissant. Et une sortie plus courte reste préférable à aucune sortie si la météo est peu engageante.

Si les conditions extérieures deviennent vraiment mauvaises, marcher dans un centre commercial, utiliser un tapis de marche ou choisir une activité intérieure permet simplement de maintenir la continuité.

Pour savoir comment ajuster durée et rythme lorsque l’arthrose est déjà présente, consultez Arthrose et marche à pied : faut-il marcher et comment s’adapter ?.

Et les jours où l’on n’a vraiment pas envie de sortir ?

C’est précisément là que l’hiver peut nous piéger.

Une journée à la maison n’a évidemment aucune conséquence particulière. Mais lorsque les journées très sédentaires s’enchaînent pendant plusieurs semaines, la différence commence à se faire sentir.

L’activité ne demande pas nécessairement une tenue de sport.

Faire plusieurs petits déplacements dans la journée, monter quelques marches, bricoler, ranger, effectuer quelques exercices ou se lever régulièrement constitue déjà du mouvement.

Le véritable ennemi n’est donc pas la pluie derrière la fenêtre.

C’est plutôt l’installation progressive d’un quotidien où l’on bouge de moins en moins.

Douleur en hiver : quand faut-il éviter de tout mettre sur le compte du froid ?

Parce que « c’est l’hiver » ne doit pas devenir une explication automatique.

Une douleur nouvelle, très forte ou persistante mérite d’être comprise.

Même chose lorsqu’une articulation gonfle franchement, devient chaude, se bloque ou perd brutalement une partie de sa fonction.

Une douleur articulaire peut avoir de nombreuses origines : arthrose, traumatisme, tendons, inflammation ou autre pathologie.

Si vous ne connaissez pas encore la cause de votre gêne, consultez notre article Douleurs articulaires : comprendre les causes et les solutions au quotidien.

Que manger en hiver pour prendre soin de sa mobilité ?

L’hiver ne nécessite pas un régime particulier « anti-douleur ».

Une alimentation variée reste beaucoup plus pertinente qu’une liste d’aliments supposés réparer une articulation.

Les protéines participent notamment au maintien de la masse musculaire, ce qui devient particulièrement intéressant lorsque l’activité diminue.

Les poissons gras, fruits à coque, légumes, légumineuses et fruits peuvent également trouver naturellement leur place dans une alimentation équilibrée.

Et si la question de l’alimentation et des articulations vous intéresse particulièrement, elle mérite son propre sujet plutôt que quelques lignes rapides : nous avons justement un article consacré au lien entre alimentation et douleurs articulaires que nous reprendrons séparément.

Et la vitamine D pendant l’hiver ?

C’est un sujet intéressant, mais pour une raison différente de la météo articulaire.

La vitamine D contribue notamment au maintien d’une ossature normale et d’une fonction musculaire normale.

Or une partie de la vitamine D de l’organisme dépend de l’exposition de la peau aux UVB, beaucoup plus limitée en France pendant une partie de l’année.

Cela ne signifie pas que tout le monde doit se supplémenter automatiquement en hiver.

Les besoins dépendent notamment de l’âge, de l’exposition, de l’alimentation et de certaines situations individuelles.

L’important est surtout de replacer la vitamine D là où elle a réellement sa place : dans la santé osseuse et musculaire, plutôt que de la présenter comme un remède contre les douleurs provoquées par le froid.

Quelle place pour les compléments alimentaires en hiver ?

L’hiver peut être un moment où l’on prête davantage attention à sa mobilité, simplement parce que les raideurs deviennent plus présentes ou que l’activité quotidienne diminue.

Une approche nutritionnelle peut alors s’intégrer aux autres réflexes : continuer à bouger, conserver suffisamment de force et veiller à une alimentation équilibrée.

Chez Laboratoire Vital Santé, nos deux formules Cartilamine reposent sur une base de glucosamine végétale mais suivent deux signatures différentes.

Cartilamine Phyto associe notamment la glucosamine au Boswellia serrata, utilisé pour accompagner la souplesse et la flexibilité articulaires.

Cartilamine Chondro développe une autre approche autour de la glucosamine, de la chondroïtine et de plusieurs actifs complémentaires.

La vitamine C contribue notamment à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale du cartilage, tandis que le magnésium participe au fonctionnement normal des muscles et que le calcium et la vitamine D contribuent au maintien d’une ossature normale.

L’hiver n’impose donc pas une formule particulière. Il peut simplement être l’occasion de repenser plus largement sa routine autour du mouvement et du confort articulaire.

Pour comparer les deux approches, consultez notre guide Quel complément choisir pour ses articulations ?.

Comment passer l’hiver sans laisser ses articulations dicter son quotidien ?

Il n’est pas nécessaire de combattre la météo.

Mieux vaut travailler sur ce que l’on peut réellement modifier.

Lorsque le froid arrive, prendre quelques minutes pour se mettre en mouvement avant une activité peut rendre le démarrage plus agréable. Maintenir des sorties régulières ou leur trouver une alternative à l’intérieur évite de laisser s’installer plusieurs mois de sédentarité.

Et lorsqu’une journée est plus difficile, adapter le programme ne signifie pas renoncer à toute activité.

La saison froide peut modifier certaines sensations, mais elle ne doit pas devenir une saison entière passée à attendre le printemps pour recommencer à bouger.

Pour aller plus loin sur la manière d’entretenir sa mobilité au fil des années, découvrez Comment préserver ses articulations avec l’âge ?.

Sources

PubMed — Associations between weather conditions and osteoarthritis pain: a systematic review and meta-analysis
Revue systématique et méta-analyse de 14 études consacrées aux relations entre conditions météorologiques et douleurs d’arthrose.

PubMed — The Influence of Weather Conditions on Joint Pain in Older People with Osteoarthritis: Results from the European Project on OSteoArthritis
Étude européenne portant sur 810 personnes atteintes d’arthrose du genou, de la hanche ou des mains.

PubMed — Changes in barometric pressure and ambient temperature influence osteoarthritis pain
Étude longitudinale consacrée aux relations entre température, pression atmosphérique et douleur dans l’arthrose du genou.

PubMed — Association between weather features and symptoms in hand osteoarthritis: Results from the DIGICOD cohort
Étude française récente montrant que l’association entre météo et symptômes de l’arthrose de la main n’est pas systématique.

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